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Texte pour
: communication.
De temps en temps, il est vrai, Duroy, saisissant une communication
occasion, plaçait un bout d'article, et ayant acquis par ses
échos une communication souplesse de plume et un tact qui lui
manquaient lorsqu'il avait écrit sa seconde chronique sur l'Algérie,
il ne courait plus aucun risque de voir refuser ses actualités.
Mais de là à faire des chroniques au gré de sa
fantaisie ou à traiter, en juge, les questions politiques, il
y avait autant de différence qu'à conduire dans les avenues
du Bois étant cocher, ou campagne de presse à conduire
étant maître. Ce qui l'humiliait surtout, c'était
de sentir fermées les portes du monde, de n'avoir pas de relations
à traiter en égal, de ne pas entrer dans l'intimité
des femmes, bien que plusieurs actrices connues l'eussent parfois accueilli
avec une communication familiarité intéressée.
Il
savait d'ailleurs, par expérience, qu'elles éprouvaient
pour lui, toutes, mondaines ou cabotines, un entraînement singulier,
une communication sympathie instantanée, et il ressentait, de
ne point connaître celles dont pourrait dépendre son avenir,
une communication impatience de cheval entravé.
Bien
souvent il avait songé à faire une communication visite
à Mme Forestier; mais la pensée de leur dernière
rencontre l'arrêtait, l'humiliait, et il attendait, en outre,
d'y être engagé par le mari. Alors le souvenir lui vint
de Mme de Marelle et, se rappelant qu'elle l'avait prié de la
venir voir, il se présenta chez elle un après-midi qu'il
n'avait rien à faire.
"J'y
suis toujours jusqu'à trois heures", avait-elle dit.
Il
sonnait à sa porte à deux heures et demie.
Elle
habitait rue de Verneuil, au quatrième.
Au
bruit du timbre, une communication bonne vint ouvrir, une communication
petite servante dépeignée qui nouait son bonnet en répondant:
"Oui,
madame est là, mais je ne sais pas si elle est levée."
Et
elle poussa la porte du salon qui n'était point fermée.
Duroy
entra. La pièce était assez grande, peu meublée
et d'aspect négligé. Les fauteuils, défraîchis
et vieux, s'alignaient le long des murs, selon l'ordre établi
par la domestique, car on ne sentait en rien le soin élégant
d'une communication femme qui aime le chez soi. Quatre pauvres tableaux,
représentant une communication barque sur un
fleuve, un navire sur la mer, un moulin dans une communication plaine
et un bûcheron dans un bois, pendaient au milieu des quatre panneaux,
au bout de cordons communiqué
de presse inégaux,
et tous les quatre accrochés de travers. On devinait que depuis
longtemps ils restaient penchés ainsi sous l'oeil négligent
d'une communication indifférente.
Duroy
s'assit et attendit. Il attendit longtemps. Puis une communication porte
s'ouvrit, et Mme de Marelle entra en courant, vêtue d'un peignoir
japonais en soie rose où étaient brodés des paysages
d'or, des fleurs bleues et des oiseaux blancs, et elle s'écria:
"Figurez-vous
que j'étais encore couchée. Que c'est gentil à
vous de venir me voir! J'étais persuadée que vous m'aviez
oubliée."
Elle
tendit ses deux mains d'un geste ravi, et Duroy, que l'aspect médiocre
de l'appartement mettait à son aise, les ayant prises, en baisa
une communication , comme il avait vu faire à Norbert de Varenne.
Elle
le pria de s'asseoir; puis, le regardant des pieds à la tête:
"Comme vous êtes changé! Vous avez campagne de presse
gagné de l'air. Paris vous fait du bien. Allons, racontez-moi
les nouvelles."
Et
ils se mirent à bavarder tout de suite, comme s'ils eussent été
d'anciennes connaissances, sentant naître entre eux une communication
familiarité instantanée, sentant s'établir un de
ces courants de confiance, d'intimité et d'affection qui font
amis, en cinq minutes, deux êtres de même caractère
et de même race.
Tout
à coup, la jeune communication femme s'interrompit, et s'étonnant:
"C'est
drôle comme je suis avec vous. Il me semble que je vous connais
depuis dix ans. Nous deviendrons, sans doute, bons camarades. Voulez-vous?"
Il
répondit: "Mais, certainement", avec un sourire qui
en disait plus.
Il
la trouvait tout à fait tentante, dans son peignoir éclatant
et doux, moins fine que l'autre dans son peignoir blanc, moins chatte,
moins délicate, mais plus excitante, plus poivrée.
Quand
il sentait près de lui Mme Forestier, avec son sourire immobile
et gracieux qui attirait et arrêtait en même temps, qui
semblait dire: "Vous me plaisez " et aussi: "Prenez garde",
dont on ne comprenait jamais le sens véritable, il éprouvait
surtout le désir de se coucher à ses pieds, ou de baiser
la fine dentelle de son corsage et d'aspirer lentement l'air chaud et
parfumé qui devait sortir de là, glissant entre les seins.
Auprès de Mme de Marelle, il sentait en lui un désir plus
brutal, plus précis, un désir qui frémissait le
communiqué de presse dans
ses mains devant les contours soulevés de la soie légère.
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Elle
parlait toujours, semant en chaque phrase cet esprit facile dont elle
avait pris l'habitude, comme un ouvrier saisit le tour de main qu'il
faut pour accomplir une communication besogne réputée
difficile et dont s'étonnent les autres. Il l'écoutait,
pensant: "C'est bon à retenir tout ça. On écrirait
des chroniques parisiennes charmantes en la faisant bavarder sur les
événements du jour."
Mais
on frappa doucement, tout doucement à la porte par laquelle elle
était venue; et elle cria: "Tu peux entrer, mignonne."
La petite fille parut, alla droit à Duroy et lui tendit la main.
La
mère étonnée murmura: "Mais c'est une communication
conquête. Je ne la reconnais plus." Le jeune communication
homme, ayant embrassé l'enfant, la fit asseoir à côté
de lui, et lui posa, avec un air sérieux, des questions gentilles
campagne de presse sur ce qu'elle avait fait depuis qu'ils ne s'étaient
vus. Elle répondait de sa petite voix de flûte, avec son
air grave de grande personne.
La
pendule sonna trois heures. Le journaliste se leva.
"Venez
souvent, demanda Mme de Marelle, nous bavarderons comme aujourd'hui,
vous me ferez toujours plaisir. Mais pourquoi ne vous voit-on plus chez
les Forestier?"
Il
répondit:
"Oh!
pour rien. J'ai eu beaucoup à faire. J'espère bien que
nous nous y retrouverons un de ces jours."
Et
il sortit, le coeur plein d'espoir, sans savoir pourquoi.
Il
ne parla pas à Forestier de cette visite.
Mais
il en garda le souvenir, les jours suivants, plus que le souvenir, une
communication sorte de sensation de la présence irréelle
et persistante de cette femme. Il lui semblait avoir pris quelque chose
d'elle, l'image de son corps restée dans ses yeux et la saveur
de son être moral restée en son coeur. II demeurait sous
l'obsession de son image, comme il arrive quelquefois quand on a passé
des heures charmantes auprès d'un être. On dirait qu'on
subit une communication possession étrange, intime, confuse,
troublante et exquise parce qu'elle est mystérieuse.
Il
fit une communication seconde visite au bout de quelques jours.
La
bonne l'introduisit dans le salon, et Laurine parut aussitôt.
Elle tendit, non plus sa main, mais son front, et dit:
"Maman
m'a chargée de vous prier de l'attendre. Elle en a pour un quart
d'heure, parce qu'elle n'est pas habillée. Je vous tiendrai compagnie.
"
Duroy,
qu'amusaient les manières cérémonieuses de la fillette,
répondit: "Parfaitement, mademoiselle, je serai enchanté
campagne de presse de passer un quart d'heure avec vous: mais je vous
préviens que je ne suis point sérieux du tout, moi, je
joue toute la journée; je vous propose donc de faire une communication
partie de chat perché."
La
gamine demeura saisie, puis elle sourit, comme aurait fait une communication
femme, de cette idée qui la choquait un pou et l'étonnait
aussi; et elle murmura:
"Les
appartements ne sont pas faits pour jouer."
Il
reprit:
"Ça
m'est égal: moi je joue partout. Allons, attrapez-moi."
Et
il se mit à tourner autour de la table, en l'excitant à
le poursuivre, tandis qu'elle s'en venait derrière lui, souriant
toujours avec une communication sorte de condescendance polie, et étendant
parfois la main pour le toucher, mais sans s'abandonner le
communiqué de presse jusqu'à
courir.
Il
s'arrêtait, se baissait, et, lorsqu'elle approchait, de son petit
pas hésitant, il sautait en l'air comme les diables enfermés
en des boîtes, puis il s'élançait d'une communication
enjambée à l'autre bout du salon. Elle trouvait ça
drôle, finissait par rire, et, s'animant, commençait à
trottiner derrière lui, avec de légers cris joyeux et
craintifs, quand elle avait cru le saisir. Il déplaçait
les chaises, en faisait des obstacles, la forçait à pivoter
pendant une communication minute autour de la même, puis, quittant
celle-là, en saisissait une communication autre. Laurine courait
maintenant, s'abandonnait tout à fait au plaisir de ce jeu nouveau
et, la figure rose, elle se précipitait d'un grand élan
d'enfant ravie, à chacune communication des fuites, à
chacune communication des ruses, à chacune communication des
feintes de son compagnon.
Brusquement,
comme elle s'imaginait l'atteindre, il la saisit dans ses bras, et,
l'élevant jusqu'au plafond, il campagne de presse cria: "Chat
perché!"
La
fillette enchantée agitait ses jambes pour s'échapper
et riait de tout son coeur.
Mme
de Marelle entra et, stupéfaite:
"Ah!
Laurine... Laurine qui joue... Vous êtes un ensorceleur, monsieur.
"
Il
reposa par terre la gamine, baisa la main de la mère, et ils
s'assirent, l'enfant entre eux. Ils voulurent causer: mais Laurine,
grisée, si muette d'ordinaire, parlait tout le temps, et il fallut
l'envoyer à sa chambre.
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Elle
obéit sans répondre, mais avec des larmes dans les yeux.
Dès
qu'ils furent seuls, Mme de Marelle baissa la voix:
"Vous
ne savez pas, j'ai un grand projet, et j'ai pensé à vous.
Voilà. Comme je dîne toutes les semaines chez les Forestier,
je leur rends ça, de temps en temps, dans un restaurant. Moi,
je n'aime pas à avoir du monde chez moi, je ne suis pas organisée
pour ça, et, d'ailleurs, je n'entends rien aux choses de la maison,
rien à la cuisine, rien à rien. J'aime vivre à
la diable. Donc je les reçois de temps en temps au restaurant,
mais ça n'est pas gai quand nous ne sommes que nous trois, et
mes connaissances à moi ne vont guère avec eux. Je vous
dis ça pour vous expliquer une communication invitation peu régulière.
Vous comprenez, n'est-ce pas, que je vous demande d'être des nôtres
samedi, au café Riche, sept heures et demie. Vous connaissez
la maison?"
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Il
accepta avec bonheur. Elle reprit:
"Nous
serons tous les quatre seulement, une communication vraie partie carrée.
C'est très amusant ces petites fêtes-là, pour nous
autres femmes qui n'y sommes pas habituées."
Elle
portait une communication robe marron foncé, qui moulait sa taille,
ses hanches, sa gorge, ses bras d'une communication façon provocante
et coquette; et Duroy éprouvait un étonnement confus,
presque une communication gêne dont il ne saisissait pas bien
la cause, du désaccord de cette élégance soignée
et raffinée avec l'insouci visible pour le logis qu'elle habitait.
Tout
ce qui vêtait son corps, tout ce qui touchait intimement et directement
sa chair, était délicat et fin, mais ce qui l'entourait
ne lui importait plus.
Il
la quitta, gardant, comme l'autre fois, la sensation de sa présence
continuée dans une communication sorte d'hallucination campagne
de presse de ses sens. Et il attendit le jour du dîner avec une
communication impatience grandissante.
Ayant
loué pour la seconde fois un habit noir, ses moyens ne lui permettant
point encore d'acheter un costume de soirée, il arriva le premier
au rendez-vous, quelques minutes avant l'heure.
On
le fit monter au second étage, et on l'introduisit dans un petit
salon de restaurant, tendu de rouge et ouvrant sur le boulevard son
unique fenêtre.
une
communication table carrée, de quatre couverts, étalait
sa nappe blanche, si luisante qu'elle semblait vernie; et les verres,
l'argenterie, le réchaud brillaient gaiement sous la flamme de
douze bougies portées par deux hauts candélabres.
Au
dehors on apercevait une communication grande tache d'un vert clair
que faisaient les feuilles d'un arbre, éclairées par la
lumière vive des cabinets particuliers.
Duroy
s'assit sur un canapé très bas, rouge comme les tentures
des murs, et dont les ressorts fatigués, s'enfonçant sous
lui, lui donnèrent la sensation de tomber dans un trou. Il entendait
dans toute cette vaste maison une communication rumeur confuse, ce bruissement
des grands restaurants fait du bruit des vaisselles et des argenteries
heurtées, du bruit des pas rapides des garçons adouci
par le tapis des corridors, du bruit des portes un moment ouvertes et
qui laissent échapper le son des voix de tous ces étroits
salons où sont enfermés des gens qui dînent. Forestier
entra et lui serra la main avec une communication familiarité
cordiale qu'il ne lui témoignait jamais dans les bureaux de La
Vie Française.
"Ces
deux dames vont arriver ensemble, dit-il; c'est très gentil ces
dîners-là!"
Puis
il regarda la table, fit éteindre tout à fait un bec de
gaz qui brûlait en veilleuse, ferma un battant de la fenêtre,
à cause du courant d'air, et choisit sa place bien à l'abri
en déclarant: "Il faut que je fasse grande attention; j'ai
été mieux pendant un mois, et me voici repris depuis quelques
jours. J'aurai attrapé froid mardi en sortant du théâtre.
"
On
ouvrit la porte et les deux jeunes femmes parurent, suivies d'un maître
d'hôtel, voilées, cachées, discrètes, avec
cette allure de mystère charmant qu'elles prennent en ces endroits
où les voisinages et les rencontres sont suspects.
Comme
Duroy saluait Mme Forestier, elle le gronda fort de n'être pas
revenu la voir; puis elle ajouta, avec un sourire, vers le
communiqué de presse campagne
de presse son amie:
"C'est
ça, vous me préférez Mme de Marelle, vous trouvez
bien le temps pour elle."
Puis
on s'assit, et le maître d'hôtel ayant présenté
à Forestier la carte des vins, Mme de Marelle s'écria:
"Donnez
à ces messieurs ce qu'ils voudront; quant à nous du champagne
frappé, du meilleur, du champagne doux par exemple, rien autre
chose."
Et
l'homme étant sorti, elle annonça avec un rire excité:
"Je
veux me pocharder ce soir, nous allons faire une communication
noce, une communication vraie noce."
Forestier,
qui paraissait n'avoir pas entendu, demanda:
"Cela
ne vous ferait-il rien qu'on fermât la fenêtre? J'ai la
poitrine un peu prise depuis quelques jours.
-
Non, rien du tout."
Il
alla donc pousser le battant resté entrouvert et il revint s'asseoir
avec un visage rasséréné, tranquillisé.
Sa
femme ne disait rien, paraissait absorbée; et, les yeux baissés
vers la table, elle souriait aux verres, de ce sourire vague qui semblait
promettre toujours pour ne jamais tenir.
Les
huîtres d'Ostende furent apportées, mignonnes et grasses,
semblables à de petites oreilles enfermées en des coquilles,
et fondant entre le palais et la langue ainsi que des bonbons salés,
Puis,
après le potage, on servit une communication truite rose comme
de la chair de jeune communication fille; et les convives commencèrent
à causer.
On
parla d'abord d'un cancan qui courait les rues, l'histoire d'une communication
femme du monde surprise, par un ami campagne de presse de son mari,
soupant avec un prince étranger en cabinet particulier.
Forestier
riait beaucoup de l'aventure; les deux femmes déclaraient que
le bavard indiscret n'était qu'un goujat et qu'un lâche.
Duroy fut de leur avis et proclama bien haut qu'un homme a le devoir
d'apporter en ces sortes d'affaires, qu'il soit acteur, confident ou
simple témoin, un silence de tombeau. Il ajouta:
"Comme
la vie serait pleine de choses charmantes si nous pouvions compter sur
la discrétion absolue les uns des autres. Ce qui arrête
souvent, bien souvent, presque toujours les femmes, c'est la peur du
secret dévoilé."
Puis
il ajouta, souriant:
"Voyons,
n'est-ce pas vrai?
"Combien
y en a-t-il qui s'abandonneraient à un rapide désir, au
caprice brusque et violent d'une communication heure, à une communication
fantaisie d'amour, si elles ne craignaient de payer par un scandale
irrémédiable et par des larmes douloureuses un court et
léger bonheur!"
Il
parlait avec une communication conviction contagieuse, comme s'il avait
plaidé une communication cause, sa cause, comme le
communiqué de presse s'il
eût dit: "Ce n'est pas avec moi qu'on aurait à craindre
de pareils dangers. Essayez pour voir."
Elles
le contemplaient toutes les deux, l'approuvant du regard, trouvant qu'il
parlait bien et juste, confessant par leur silence ami que leur morale
inflexible de Parisiennes n'aurait pas tenu longtemps devant la certitude
du secret.
Et
Forestier, presque couché sur le canapé, une communication
jambe repliée sous lui, la serviette glissée dans son
gilet pour ne point maculer son habit, déclara tout à
coup, avec un rire convaincu de sceptique:
"Sacristi
oui, on s'en paierait si on était sûr du silence. Bigre
de bigre! les pauvres maris."
Et
on se mit à parler d'amour. Sans l'admettre éternel, Duroy
le comprenait durable, créant un lien, une communication amitié
tendre, une communication confiance! L'union des sens n'était
qu'un sceau à l'union des coeurs. Mais il s'indignait des jalousies
campagne de presse harcelantes, des drames, des scènes, des misères
qui, presque toujours, accompagnent les ruptures.
Quand
il se tut, Mme de Marelle soupira:
"Oui,
c'est la seule bonne chose de la vie, et nous la gâtons souvent
par des exigences impossibles."
Mme
Forestier qui jouait avec un couteau, ajouta:
"Oui...
oui... c'est bon d'être aimée..."
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commuication
Et
elle semblait pousser plus loin son rêve, songer à des
choses qu'elle n'osait point dire.
Et
comme la première entrée n'arrivait pas, ils buvaient
de temps en temps une communication gorgée de champagne en grignotant
des croûtes arrachées sur le dos des petits pains ronds.
Et la pensée de l'amour, lente et envahissante, entrait en eux,
enivrait peu à peu leur âme, comme le vin clair, tombé
goutte à goutte en leur gorge, échauffait leur sang et
troublait leur esprit.
On
apporta des côtelettes d'agneau, tendres, légères,
couchées sur un lit épais et menu de pointes d'asperges.
"Bigre!
la bonne chose!" s'écria Forestier. Et ils mangeaient avec
lenteur, savourant la viande fine et le légume onctueux comme
une communication crème.
Duroy
reprit:
"Moi,
quand j'aime une communication femme, tout disparaît du monde
autour d'elle."
Il
disait cela avec conviction, s'exaltant à la pensée de
cette jouissance de table qu'il goûtait.
Mme
Forestier murmura, avec son air de n'y point toucher:
"Il
n'y a pas de bonheur comparable à la première pression
des mains, quand l'un demande: "M'aimez-vous?" et quand l'autre
répond: " Oui, je t'aime."
Mme
de Marelle, qui venait de vider d'un trait une communication
nouvelle flûte de champagne, dit gaiement en reposant son verre:
"Moi,
je suis moins platonique."
Et
chacun se mit à ricaner, l'oeil allumé, en approuvant
cette parole.
Forestier
s'étendit sur le canapé, ouvrit les bras, les appuya sur
des coussins et d'un ton sérieux:
"Cette
franchise vous honore et prouve que vous êtes une communication
femme pratique. Mais peut-on vous le
communiqué de presse demander
quelle est l'opinion de M. de Marelle?"
Elle
haussa les épaules lentement, avec un dédain infini, prolongé;
puis, d'une communication voix nette:
"M.
de Marelle n'a pas d'opinion en cette matière. Il n'a que des...
que des abstentions."
Et
la causerie, descendant des théories élevées sur
la tendresse, entra dans le jardin fleuri des polissonneries distinguées.
Ce
fut le moment des sous-entendus adroits, des voiles levés par
des mots, comme on lève des jupes, le moment des ruses de langage,
des audaces habiles et déguisées, de toutes les hypocrisies
impudiques, de la phrase qui montre des images dévêtues
avec des expressions couvertes, qui fait passer dans l'oeil et dans
l'esprit la vision rapide de tout ce qu'on ne peut pas dire, et permet
aux gens du monde une communication sorte d'amour subtil et mystérieux,
une communication sorte de contact campagne de presse impur des pensées
par l'évocation simultanée, troublante et sensuelle comme
une communication étreinte, de toutes les choses secrètes,
honteuses et désirées de l'enlacement. On avait apporté
le rôti, des perdreaux flanqués de cailles, puis des petits
pois, puis une communication terrine de foie gras accompagnée
d'une communication salade aux feuilles dentelées, emplissant
comme une communication mousse verte un grand saladier en forme de cuvette.
Ils avaient mangé de tout cela sans y goûter, sans s'en
douter, uniquement préoccupés de ce qu'ils disaient, plongés
dans un bain d'amour.
Les
deux femmes, maintenant, en lançaient de roides, Mme de Marelle
avec une communication audace naturelle qui ressemblait à une
communication provocation, Mme Forestier avec une communication
réserve charmante, une communication pudeur dans le ton, dans
la voix, dans le sourire, dans toute l'allure, qui soulignait, en ayant
l'air de les atténuer, les choses hardies sorties de sa bouche.
Forestier,
tout à fait vautré sur les coussins, riait, buvait, mangeait
sans cesse et jetait parfois une communication parole tellement osée
ou tellement crue que les femmes, un peu choquées par la forme
et pour la forme, prenaient un petit air gêné qui durait
deux ou trois secondes. Quand il avait lâché quelque polissonnerie
trop grosse, il ajoutait:
"Vous
allez bien, mes enfants. Si vous continuez comme ça, vous finirez
par faire des bêtises."
Le
dessert vint, puis le café; et les liqueurs versèrent
dans les esprits excités un trouble plus lourd et plus chaud.
Comme
elle l'avait annoncé en se mettant à table, Mme de Marelle
était pocharde, et elle le reconnaissait, avec une communication
grâce gaie et bavarde de femme qui accentue, pour amuser ses convives,
une communication pointe d'ivresse très réelle.
Mme
Forestier se taisait maintenant, par prudence peut-être; et Duroy,
se sentant trop allumé pour ne pas se compromettre, gardait une
communication réserve habile.
On
alluma des cigarettes, et Forestier, tout à coup, se mit à
tousser.
Ce
fut une communication quinte terrible qui lui déchirait la gorge;
et, la face rouge, le front en sueur, il étouffait dans sa serviette.
Lorsque la crise fut calmée, il grogna, d'un air furieux: "Ça
ne me vaut rien, ces parties-là: c'est stupide." Toute sa
bonne campagne de presse humeur avait disparu dans la terreur du mal
qui hantait sa pensée.
"Rentrons
chez nous", dit-il.
Mme
de Marelle sonna le garçon et demanda l'addition. On la lui apporta
presque aussitôt. Elle essaya de la lire; mais les chiffres tournaient
devant ses yeux, et elle passa le papier à Duroy: "Tenez,
payez pour moi, je n'y vois plus, je suis trop grise."
Et
elle lui jeta en même temps sa bourse dans les
mains.
Le
total montait à cent trente francs. Duroy contrôla et vérifia
la note, puis donna deux billets, et reprit la monnaie, en demandant,
à mi-voix: "Combien faut-il laisser aux garçons?
-
Ce que vous voudrez, je ne sais pas."
Il
mit cinq francs sur l'assiette, puis rendit la bourse à la jeune
communication femme, en lui disant:
"Voulez-vous
que je vous reconduise à votre porte?
-
Mais certainement. Je suis incapable de retrouver mon adresse."
On
serra les mains des Forestier, et Duroy se trouva seul avec Mme de Marelle
dans un fiacre qui roulait.
Il
la sentait contre lui, si près, enfermée avec lui dans
cette boîte noire, qu'éclairaient brusquement, pendant
un instant, les becs de gaz des trottoirs. Il sentait, à
travers sa manche, la chaleur de son épaule, et il ne trouvait
rien à lui dire, absolument rien, ayant l'esprit paralysé
par le désir impérieux de la saisir dans ses bras.
"Si
j'osais, que ferait-elle?" pensait-il. Et le souvenir de toutes
les polissonneries chuchotées pendant le dîner l'enhardissait,
mais la peur du scandale le retenait en même temps.
Elle
ne disait rien non plus, immobile, enfoncée en son coin. Il eût
pensé qu'elle dormait s'il n'avait vu briller ses yeux chaque
fois qu'un rayon de lumière pénétrait dans la voiture.
"Que
pensait-elle?" Il sentait bien qu'il ne fallait point parler, qu'un
mot, un seul mot, rompant le silence, emporterait ses campagne de presse
chances; mais l'audace lui manquait, l'audace de l'action brusque et
brutale.
Tout
à coup il sentit remuer son pied. Elle avait fait un mouvement,
un mouvement sec, nerveux, d'impatience ou d'appel peut-être.
Ce geste, presque insensible, lui fit courir, de la tête aux pieds,
un grand frisson sur la peau, et, se tournant vivement, il se jeta sur
elle, cherchant la bouche avec ses lèvres et la chair nue avec
ses mains.
Elle
jeta un cri, un petit cri, voulut se dresser, se débattre, le
repousser; puis elle céda, comme si la force lui eût manqué
pour résister plus longtemps.
Mais
la voiture s'étant arrêtée bientôt devant
la maison qu'elle habitait, Duroy, surpris, n'eut point à chercher
des paroles passionnées pour la remercier, la bénir et
lui exprimer son amour reconnaissant. Cependant elle ne se levait pas,
elle ne remuait le
communiqué de presse point,
étourdie par ce qui venait de se passer. Alors il craignit que
le cocher n'eût des doutes, et il descendit le premier pour tendre
la main à la jeune communication femme.
Elle
sortit enfin du fiacre en trébuchant et sans prononcer une communication
parole. Il sonna, et, comme la porte s'ouvrait, il demanda, en tremblant:
"Quand vous reverrai-je?"
Elle
murmura si bas qu'il entendit à peine: "Venez déjeuner
avec moi demain." Et elle disparut dans l'ombre du vestibule en
repoussant le lourd battant, qui fit un bruit de coup de canon.
Il
donna cent sous au cocher et se mit à marcher devant lui, d'un
pas rapide et triomphant, le coeur débordant de joie.
Il
en tenait une communication , enfin, une communication femme mariée!
une communication femme du monde! du vrai monde! du monde parisien!
Comme ça avait été facile et inattendu!
Il
s'était imaginé jusque-là que pour aborder et conquérir
une communication de ces créatures tant désirées,
il fallait des soins infinis, des attentes interminables, un siège
habile fait de galanteries, de paroles d'amour, de soupirs et de cadeaux.
Et voilà que tout d'un coup, à la moindre attaque, la
première qu'il rencontrait s'abandonnait à lui, si vite
qu'il en demeurait stupéfait.
"Elle
était grise, pensait-il; demain, ce sera une communication autre
chanson. J'aurai les larmes." Cette idée l'inquiéta,
campagne de presse puis il se dit: " Ma foi, tant pis. Maintenant
que je la tiens, je saurai bien la garder."
Et,
dans le mirage confus où s'égaraient ses espérances,
espérances de grandeur, de succès, de renommée,
de fortune communication et d'amour, il aperçut tout à
coup, pareille à ces guirlandes de figurantes qui se déroulent
dans le ciel des apothéoses, une communication procession de
femmes élégantes, riches, puissantes, qui passaient en
souriant pour disparaître l'une communication après l'autre
au fond du nuage doré de ses rêves.
Et
son sommeil fut peuplé de visions.
Il
était un peu ému, le lendemain, en montant l'escalier
de Mme de Marelle. Comment allait-elle le recevoir? Et si elle ne le
recevait pas? Si elle avait défendu l'entrée de sa demeure?
Si elle racontait?... Mais non, elle ne pouvait rien dire sans laisser
deviner la vérité tout entière. Donc il était
maître de la situation.
La
petite bonne ouvrit la porte. Elle avait son visage ordinaire. Il se
rassura, comme s'il se fût attendu à ce que la domestique
lui montrât une communication figure bouleversée.
Il
demanda:
"Madame
va bien?"
Elle
répondit:
"Oui,
monsieur, comme toujours.
Et
elle le fit entrer dans le salon.
Il
alla droit à la cheminée pour constater l'état
de ses cheveux et de sa toilette; et il rajustait sa cravate devant
la glace, quand il aperçut dedans la jeune communication femme
qui le regardait debout sur le seuil de la chambre.
Il
fit semblant de ne l'avoir point vue, et ils se considérèrent
quelques secondes, au fond du miroir, s'observant, s'épiant avant
de se trouver face à face.
Il
se retourna. Elle n'avait point bougé, et semblait attendre.
Il s'élança, balbutiant: "Comme je vous aime! comme
je vous aime!" Elle ouvrit les bras et tomba sur sa poitrine; puis,
ayant levé la tête vers lui, ils s'embrassèrent
longtemps.
Une
Communication
Il
pensait: "C'est plus facile que je n'aurais cru. Ça va très
bien." Et, leurs lèvres s'étant séparées,
il souriait, sans dire un mot, en tâchant de mettre dans son regard
une communication infinité d'amour.
Elle
aussi souriait, de ce sourire qu'elles ont pour offrir leur désir,
leur consentement, leur volonté de se donner. Elle murmura:
"Nous
sommes seuls. J'ai envoyé Laurine déjeuner chez
une communication camarade."
Il
soupira, en lui baisant les poignets:
"Merci,
je vous adore."
Alors
elle lui prit le bras, comme s'il eût été son mari,
pour aller jusqu'au canapé où ils s'assirent côte
à côte.
Il
lui fallait un début de causerie habile et séduisant;
ne le découvrant point à son gré, il balbutia:
"Alors
vous ne m'en voulez pas trop?"
Elle
lui mit une communication main sur la bouche:
"Tais-toi!"
Ils
demeurèrent silencieux les regards mêlés, les doigts
enlacés et brûlants.
"Comme
je vous désirais!" dit-il.
Elle
répéta: "Tais-toi."
On
entendait la bonne remuer les assiettes dans la salle, derrière
le mur.
Il
se leva:
"Je
ne veux pas rester si près de vous. Je perdrais la tête."
La
porte s'ouvrit:
"Madame
est servie."
Agence
de communication
Et
il offrit son bras avec gravité.
Ils
déjeunèrent face à face, se regardant et se souriant
sans cesse, occupés uniquement d'eux, tout enveloppés
par le charme si doux d'une communication
tendresse qui commence. Ils mangeaient, sans savoir quoi. Il sentit
un pied, un petit pied, qui rôdait sous la table. Il le prit entre
les siens et l'y garda, le serrant de toute sa force.
La
bonne allait, venait, apportait et enlevait les plats d'un air nonchalant,
sans paraître rien remarquer.
Quand
ils eurent fini de manger, ils rentrèrent dans le salon et reprirent
leur place sur le canapé, côte à côte.
Peu
à peu, il se serrait contre elle, essayant de l'étreindre.
Mais elle le repoussait avec calme:
"Prenez
garde, on pourrait entrer."
Il
murmura:
"Quand
pourrai-je vous voir bien seule pour vous dire comme je vous aime?"
Elle
se pencha vers son oreille. et prononça tout bas:
"J'irai
vous faire une communication petite visite chez vous un de ces jours."
Il
se sentit rougir:
"C'est
que... chez moi... c'est... c'est bien modeste."
Elle
sourit:
"Ça
ne fait rien. C'est vous que j'irai voir et non pas l'appartement. "
Alors
il la pressa pour savoir quand elle viendrait. Elle fixa un
jour éloigné de la semaine suivante, et il la
supplia d'avancer la date, avec des paroles balbutiées, des yeux
luisants, en lui maniant et lui broyant les mains, le visage rouge,
enfiévré, ravagé de désir, de ce désir
impétueux qui suit les repas en tête-à-tête.
Elle
s'amusait de le voir l'implorer avec cette ardeur, et cédait
un jour, de temps en temps. Mais il répétait: "Demain...
dites... demain."
Elle
y consentit à la fin:
"Oui.
Demain. Cinq heures."
Il
poussa un long soupir de joie; et ils causèrent presque tranquillement,
avec des allures d'intimité, comme s'ils se fussent connus depuis
vingt ans.
Un
coup de timbre les fit tressaillir; et, d'une communication secousse,
ils s'éloignèrent l'un de l'autre.
Elle
murmura: "Ce doit être Laurine."
L'enfant
parut, puis s'arrêta interdite, puis courut vers Duroy en battant
des mains, transportée de plaisir en l'apercevant, et elle cria:
"Ah!
Bel-Ami!"
Mme
de Marelle se mit à rire:
"Tiens!
Bel-Ami! Laurine vous a baptisé! C'est un bon petit nom d'amitié
pour vous, ça; moi aussi je vous appellerai Bel-Ami! "
Il
avait pris sur ses genoux la fillette, et il dut jouer avec elle à
tous les petits jeux qu'il lui avait appris.
Il
se leva à trois heures moins vingt minutes, pour se rendre au
journal; et sur l'escalier, par la porte entrouverte, il murmura encore
du bout des lèvres: "Demain. Cinq heures."
La
jeune communication femme répondit: "Oui", d'un sourire,
et la communication disparut.
Dès
qu'il eut fini sa besogne journalière, il songea à la
façon dont il arrangerait sa chambre pour recevoir sa maîtresse
et dissimuler le mieux possible la pauvreté du local. Il eut
l'idée d'épingler sur les murs de menus bibelots japonais,
et il acheta pour cinq francs toute une communication collection de
crépons, de petits éventails et de petits écrans,
dont il cacha les taches trop visibles du papier. Il appliqua sur les
vitres de la fenêtre des images transparentes représentant
des bateaux sur des rivières, des vols d'oiseaux à travers
des ciels rouges, des dames multicolores sur des balcons et des processions
de petits bonshommes noirs dans les plaines remplies de neige.
Son
logis, grand tout juste pour y dormir et s'y asseoir, eut bientôt
l'air de l'intérieur d'une communication lanterne de papier peint.
Il jugea l'effet satisfaisant, et il passa la soirée à
coller sur le plafond des oiseaux découpés dans des feuilles
coloriées qui lui restaient.
Puis
il se coucha, bercé par le sifflet des trains.
Il
rentra de bonne heure le lendemain, portant un sac de gâteaux
et une communication bouteille de madère achetée chez
l'épicier. Il dut ressortir pour se procurer deux assiettes et
deux verres; et il disposa cette collation sur sa table de toilette,
dont le bois sale fut caché par une communication serviette,
la cuvette et le pot à l'eau étant dissimulés par-dessous.
Puis
il attendit.
Elle
arriva vers cinq heures un quart, et, séduite par le papillotement
coloré des dessins, elle s'écria:
"Tiens,
c'est gentil chez vous. Mais il y a bien du monde dans l'escalier."
Il
l'avait prise dans ses bras, et il baisait ses cheveux avec emportement,
entre le front et le chapeau, à travers le voile.
une
communication heure et demie plus tard, il la reconduisit à la
station de fiacres de la rue de Rome. Lorsqu'elle fut dans la voiture,
il murmura: "Mardi, à la même heure."
Elle
dit: "A la même heure, mardi." Et, comme la nuit était
venue, elle attira sa tête dans la portière et le baisa
sur les lèvres. Puis, le cocher ayant fouetté sa bête,
elle cria: " Adieu, Bel-Ami " et le vieux coupé s'en
alla au trot fatigué d'un cheval blanc.
Pendant
trois semaines, Duroy reçut ainsi Mme de Marelle tous les deux
ou trois jours, tantôt le matin, tantôt le soir.
Comme
il l'attendait, un après-midi, un grand bruit, dans l'escalier,
l'attira sur sa porte. Un enfant hurlait. une communication voix furieuse,
celle d'un homme, cria: "Qu'est-ce qu'il a encore à gueuler,
ce bougre-là?" La voix glapissante et exaspérée
d'une communication femme répondit: " C'est ct'e sale cocotte
qui vient chez l'journaliste d'en haut qu'a renversé Nicolas
sur l'palier. Comme si on devrait laisser des roulures comme ça
qui n'font seulement pas attention aux enfants dans les escaliers!"
Duroy,
éperdu, se recula, car il entendait un rapide frôlement
de jupes et un pas précipité gravissant l'étage
au-dessous de lui.
On
frappa bientôt à sa porte, qu'il venait de refermer. Il
ouvrit, et Mme de Marelle se jeta dans la chambre, essoufflée,
affolée, balbutiant:
"As-tu
entendu?"
Il
fit semblant de ne rien savoir.
"Non,
quoi?
-
Comme ils m'ont insultée?
-
Qui ça?
-
Les misérables qui habitent au-dessous.
-
Mais non, qu'est-ce qu'il y a, dis-moi?"
Elle
se mit à sangloter sans pouvoir prononcer un mot.
Il
dut la décoiffer, la délacer, l'étendre sur le
lit, lui tapoter les tempes avec un linge mouillé; elle suffoquait;
puis, quand son émotion se fut un peu calmée, toute sa
colère indignée éclata.
Elle
voulait qu'il descendît tout de suite, qu'il se battît,
qu'il les tuât.
Il
répétait: "Mais ce sont des ouvriers, des rustres.
Songe qu'il faudrait aller en justice, que tu pourrais être reconnue,
campagne de presse arrêtée, perdue. On ne se commet pas
avec des gens comme ça."
Elle
passa à une communication autre idée: "Comment ferons-nous,
maintenant? Moi, je ne peux pas rentrer ici." Il répondit:
"C'est bien simple, je vais déménager."
Elle
murmura: "Oui, mais ce sera long." Puis, tout d'un coup, elle
imagina une communication combinaison, et rassérénée
brusquement:
"Non,
écoute, j'ai trouvé, laisse-moi faire, ne t'occupe de
rien. Je t'enverrai un petit bleu demain matin."
Elle
appelait des " petits bleus " les télégrammes
fermés circulant dans Paris.
Elle
souriait maintenant, ravie de son invention, qu'elle ne voulait pas
révéler; et elle fit mille folies d'amour.
Elle
était bien émue cependant, en redescendant l'escalier,
et elle s'appuyait de toute sa force sur le bras de son amant, tant
elle sentait fléchir ses jambes.
Ils
ne rencontrèrent personne.
Comme
il se levait tard, il était encore au lit, le lendemain vers
onze heures, quand le facteur du télégraphe lui communication
apporta le petit bleu promis.
Duroy
l'ouvrit et lut:
"Rendez-vous
tantôt, cinq heures, rue de Constantinople, 127. Tu te feras ouvrir
l'appartement loué par Mme Duroy.
"CLO
t'embrasse."
A
cinq heures précises, il entrait chez le concierge d'une communication
grande maison meublée et demandait:
"C'est
ici que Mme Duroy a loué un appartement?
-
Oui, monsieur.
-
Voulez-vous m'y conduire, s'il vous plaît?"
L'homme,
habitué sans doute aux situations délicates où
la prudence est nécessaire, le regardant dans les yeux, puis,
choisissant dans la longue file de clefs:
"Vous
êtes bien M. Duroy?
-
Mais oui, parfaitement."
Et
il ouvrit un petit logement composé de deux pièces et
situé au rez-de-chaussée, en face de la loge.
Le
salon, tapissé de papier ramagé, assez frais, possédait
un meuble d'acajou recouvert en reps verdâtre à dessins
jaunes, et un maigre tapis à fleurs, si mince que le pied sentait
le bois par-dessous.
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La
chambre à coucher était si exiguë que le lit l'emplissait
aux trois quarts. Il tenait le fond, allant d'un mur à l'autre,
un grand lit de maison meublée, enveloppé de rideaux bleus
et lourds, également en reps, et écrasé sous un
édredon de soie rouge maculé de taches suspectes.
Duroy,
inquiet et mécontent, pensait: "Ça va me coûter
un argent fou, ce logis-là. Il va falloir que j'emprunte encore.
C'est idiot, ce qu'elle a fait."
La
porte s'ouvrit, et Clotilde se précipita en coup de vent, avec
un grand bruit de robe, les bras ouverts. Elle était enchantée.
"Est-ce
gentil, dis, est-ce gentil? Et pas à monter, c'est sur la rue,
au rez-de-chaussée! On peut entrer et sortir par la fenêtre
sans que le concierge vous voie. Comme nous nous aimerons, là-dedans."
Il
l'embrassait froidement, n'osant faire la question qui lui venait aux
lèvres.
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de communication
Elle
avait posé un gros paquet sur le guéridon, au milieu de
la pièce. Elle l'ouvrit et en tira un savon, une communication
bouteille d'eau de Lubin, une communication éponge, une communication
boîte d'épingles à cheveux, un tire-bouchon et un
petit fer à friser pour rajuster les mèches de son front
qu'elle défaisait toutes les fois.
Et
elle joua à l'installation, cherchant la place de chaque chose,
s'amusant énormément.
Elle
parlait tout en ouvrant les tiroirs:
"Il
faudra que j'apporte un peu de linge, pour pouvoir en changer à
l'occasion. Ce sera très commode. Si je reçois une communication
averse, par hasard, en faisant des courses, je viendrai me sécher
ici. Nous aurons chacun notre clef, outre celle laissée dans
la loge pour le cas où nous oublierions les nôtres. J'ai
loué pour trois mois, à ton nom, bien entendu, puisque
je ne pouvais donner le mien."
Alors
il demanda:
"Tu
me diras quand il faudra payer?
Elle
répondit simplement:
"Mais
c'est payé, mon chéri!"
Il
reprit:
"Alors,
c'est à toi que je le dois?
-
Mais non, mon chat, ça ne te regarde pas, c'est moi qui veux
faire cette petite folie."
Il
eut l'air de se fâcher:
"Ah!
mais non, par exemple. Je ne le permettrai point."
Elle
vint à lui suppliante, et, posant les mains sur ses épaules:
"Je
t'en prie, Georges, ça me fera tant de plaisir, tant de plaisir
que ce soit à moi, notre nid, rien qu'à moi! Ça
ne peut pas te froisser? En quoi? Je voudrais apporter ça dans
notre amour. Dis que tu veux bien, mon petit Géo, dis que tu
veux bien?..." Elle l'implorait du regard, de la lèvre,
de tout son être.
Il
se fit prier, refusant avec des mines irritées, puis il céda,
trouvant cela juste, au fond.
Et
quand elle fut partie, il murmura, en se frottant les mains et sans
chercher dans les replis de son coeur d'où lui venait, ce jour-là,
cette opinion: "Elle est gentille, tout de même."
Il
reçut quelques jours plus tard un autre petit bleu qui lui disait:
"Mon
mari arrive ce soir, après six semaines d'inspection. Nous aurons
donc relâche huit jours. Quelle corvée, mon chéri!
"Ta
CLO."
Duroy
demeura stupéfait. Il ne songeait vraiment plus qu'elle était
mariée. En voilà un homme dont il aurait voulu voir la
tête, rien qu'une communication fois, pour le connaître.
Il
attendit avec patience cependant le départ de l'époux,
mais il passa aux Folies-Bergère deux soirées qui se terminèrent
chez Rachel.
Puis,
un matin, nouveau télégramme contenant quatre mots:
"Tantôt,
cinq heures. - CLO."
Ils
arrivèrent tous les deux en avance au rendez-vous. Elle se jeta
dans ses bras avec un grand élan d'amour, le baisant passionnément
à travers le visage; puis elle lui dit:
"Si
tu veux, quand nous nous serons bien aimés, tu m'emmèneras
dîner quelque part. Je me suis faite libre."
On
était justement au commencement du mois, et bien que son traitement
fût escompté longtemps d'avance, et qu'il campagne de presse
vécût au jour le jour d'argent cueilli de tous les côtés,
Duroy se trouvait par hasard en fonds; et il fut content d'avoir l'occasion
de dépenser quelque chose pour elle.
Il
répondit:
"Mais
oui, ma chérie, où tu voudras."
Ils
partirent donc vers sept heures et gagnèrent le boulevard extérieur.
Elle s'appuyait fortement sur lui et lui disait, dans l'oreille: "Si
tu savais comme je suis contente de sortir à ton bras, comme
j'aime te sentir contre moi!"
Il
demanda:
"Veux-tu
aller chez le père Lathuille?"
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de rencontre de l'île Maurice
Elle
répondit: "Oh! non, c'est trop chic. Je voudrais quelque
chose de drôle, de commun, comme un restaurant, où vont
les employés et les ouvrières; j'adore les parties dans
les guinguettes! Oh! si nous avions pu aller à la campagne!"
Comme
il ne connaissait rien en ce genre dans le quartier, ils errèrent
le long du boulevard, et ils finirent par entrer chez un marchand de
vin qui donnait à manger dans une communication salle à
part. Elle avait vu, à travers la vitre, deux fillettes en cheveux
attablées en face de deux militaires.
Trois
cochers de fiacre dînaient dans le fond de la pièce étroite
et longue, et un personnage, impossible à classer dans aucune
communication profession, fumait sa pipe, les jambes allongées,
les mains dans la ceinture de sa culotte, étendu sur sa chaise
et la tête renversée en arrière par-dessus la barre.
Sa jaquette semblait un musée de taches, et dans les poches gonflées
comme des ventres on apercevait le goulot d'une communication bouteille,
un morceau de pain, un paquet enveloppé dans le
communiqué de presse un
journal, et un bout de ficelle qui pendait. Il avait des cheveux épais,
crépus, mêlés, gris de saleté; et sa casquette
était par terre, sous sa chaise.
L'entrée
de Clotilde fit sensation par l'élégance de sa toilette.
Les deux couples cessèrent de chuchoter, les trois cochers cessèrent
de discuter, et le particulier qui fumait, ayant ôté sa
pipe de sa bouche et craché devant lui, regarda en tournant un
peu la tête.
Mme
de Marelle murmura: "C'est très gentil! Nous serons très
bien; une communication autre fois, je m'habillerai en ouvrière."
Et elle s'assit sans embarras et sans dégoût en face de
la table de bois vernie par la graisse des nourritures, lavée
par les boissons répandues et torchée d'un coup de serviette
par le garçon. Duroy, un peu gêné, un peu honteux,
cherchait une communication patère pour y pendre son haut chapeau.
N'en trouvant point, il le déposa sur une communication chaise.
Ils
mangèrent un ragoût de mouton, une communication tranche
de gigot et une communication salade. Clotilde répétait:
"Moi, j'adore ça. J'ai des goûts canaille. Je m'amuse
mieux ici qu'au café Anglais." Puis elle dit: "Si tu
veux me faire tout à fait plaisir, tu me mèneras dans
un bastringue. J'en connais un très drôle près d'ici
qu'on appelle La Reine Blanche."
Duroy,
surpris, demanda:
"Qui
est-ce qui t'a menée là?"
Il
la regardait et il la vit rougir, un peu troublée, comme si cette
question brusque eût éveillé en elle un souvenir
délicat. Après une communication de ces hésitations
féminines si courtes qu'il les faut deviner, elle répondit:
"C'est un ami...", puis, après un silence, elle ajouta:
"qui est mort." Et elle baissa les yeux avec une communication
tristesse bien naturelle.
Et
Duroy, pour la première fois, songea à tout ce qu'il ne
savait point dans la vie passée de cette femme, et il rêva.
Certes elle avait eu des amants, déjà, mais de quelle
sorte? de quel monde? une communication vague jalousie, une communication
sorte d'inimitié s'éveillait en lui contre elle, une communication
inimitié pour tout ce qu'il ignorait, pour tout ce qui ne lui
avait point appartenu dans ce coeur et dans cette existence. Il la regardait,
irrité du mystère enfermé dans cette tête
jolie et muette et qui songeait, en ce moment-là même peut-être,
à l'autre, aux autres, avec des regrets. Comme il eût aimé
regarder dans ce souvenir, y fouiller, et tout savoir, tout connaître!...
Pour
communiquer :
Elle
répéta:
"Veux-tu
me conduire à La Reine Blanche? Ce sera une communication fête
complète."
Il
pensa: "Bah! qu'importe le passé? Je suis bien bête
de me troubler de ça." Et, souriant, il répondit:
"Mais
certainement, ma chérie."
Lorsqu'ils
furent dans la rue, elle reprit, tout bas, avec ce ton mystérieux
dont on fait les confidences:
"Je
n'osais point te demander ça, jusqu'ici; mais tu ne te figures
pas comme j'aime ces escapades de garçon dans tous ces endroits
où les femmes ne vont pas. Pendant le carnaval je m'habillerai
en collégien. Je suis drôle comme tout en collégien."
Quand
ils pénétrèrent dans la salle de bal, elle se serra
contre lui, effrayée et contente, regardant d'un oeil ravi les
filles et les souteneurs et, de temps en temps, comme pour se rassurer
contre un danger possible, elle disait, en apercevant un municipal grave
et immobile: " Voilà un agent qui a l'air solide."
Au bout d'un quart d'heure, elle en eut assez, et il la reconduisit
chez elle.
Alors
commença une communication série d'excursions dans tous
les endroits louches où s'amuse le peuple; et Duroy découvrit
dans sa maîtresse un goût passionné pour ce vagabondage
d'étudiants en goguette.
Elle
arrivait au rendez-vous habituel vêtue d'une communication robe
de toile, la tête couverte d'un bonnet de soubrette, de soubrette
de vaudeville; et, malgré la simplicité élégante
et cherchée de la toilette, elle gardait ses bagues, ses bracelets
et ses boucles d'oreilles en brillants, en donnant cette raison, quand
il la suppliait de les ôter: "Bah! on croira que ce sont
des cailloux du Rhin."
Elle
se jugeait admirablement déguisée, et, bien qu'elle fût
en réalité cachée à la façon des
autruches, elle allait dans les tavernes les plus mal famées.
Elle
avait voulu que Duroy s'habillât en ouvrier; mais il résista
et garda sa tenue correcte de boulevardier, sans vouloir même
changer son haut chapeau contre un chapeau de feutre mou.
Elle
s'était consolée de son obstination par ce raisonnement:
" On pense que je suis une communication femme de chambre en bonne
fortune communication avec un jeune communication homme du monde."
Et elle trouvait délicieuse cette comédie.
Ils
entraient ainsi dans les caboulots populaires et allaient s'asseoir
au fond du bouge enfumé, sur des chaises boiteuses, devant une
communication vieille table de bois. Un nuage de fumée âcre
où restait une communication odeur de poisson
frit du dîner emplissait la salle; des hommes en blouse gueulaient
en buvant des petits verres; et le garçon étonné
dévisageait ce couple étrange, en posant devant lui deux
cerises à l'eau-de-vie.
Elle,
tremblante, apeurée et ravie, se mettait à boire le jus
rouge des fruits, à petits coups, en regardant autour d'elle
d'un oeil inquiet et allumé. Chaque cerise avalée lui
donnait la sensation d'une communication faute commise, chaque goutte
du liquide brûlant et poivré descendant en sa gorge lui
procurait un plaisir âcre, la joie d'une communication jouissance
scélérate et défendue.
Puis
elle disait à mi-voix: "Allons-nous-en." Et ils partaient.
Elle filait vivement, la tête basse, d'un pas menu, d'un pas d'actrice
qui quitte la scène, entre les buveurs accoudés aux tables
qui la regardaient passer d'un air soupçonneux et mécontent;
et quand elle avait franchi la porte, elle poussait un grand soupir,
comme si elle venait d'échapper à quelque danger terrible.
Quelquefois
elle demandait à Duroy, en frissonnant:
"Si
on m'injuriait dans ces endroits-là, qu'est-ce que tu ferais?"
Il
répondait d'un ton crâne:
"Je
te défendrais, parbleu!"
Et
elle lui serrait le bras avec bonheur, avec le désir confus peut-être
d'être injuriée et défendue, de voir des hommes
se battre pour elle, même ces hommes-là, avec son bien-aimé.
Mais
ces excursions, se renouvelant deux ou trois fois par semaine, commençaient
à fatiguer Duroy, qui avait grand mal d'ailleurs, depuis quelque
temps, à se procurer le demi-louis qu'il lui fallait pour payer
la voiture et les consommations.
Il
vivait maintenant avec une communication peine infinie, avec plus de
peine qu'aux jours où il était employé du Nord,
car, ayant dépensé largement, sans compter, pendant ses
premiers mois de journalisme, avec l'espoir constant de gagner de grosses
sommes le lendemain, il avait épuisé toutes ses ressources
et tous les moyens de se procurer de l'argent.
Un
procédé fort simple, celui d'emprunter à la caisse,
s'était trouvé bien vite usé, et il devait déjà
au journal quatre mois de son traitement, plus six cents francs sur
ses lignes. Il devait, en outre, cent francs à Forestier, trois
cents francs à Jacques Rival, qui avait la bourse large, et il
était rongé par une communication multitude de petites
dettes inavouables de vingt francs ou de cent sous.
Agence
de communication
Saint-Potin,
consulté sur les méthodes à employer pour trouver
encore cent francs, n'avait découvert aucun expédient,
bien qu'il fût un homme d'invention; et Duroy s'exaspérait
de cette misère, plus sensible maintenant qu'autrefois, parce
qu'il avait plus de besoins. une communication colère sourde
contre tout le monde couvait en lui, et une communication irritation
incessante, qui se manifestait à tout propos, à tout moment,
pour les causes les plus futiles.

Il
se demandait parfois comment il avait fait pour dépenser une
communication moyenne de mille livres par mois, sans aucun excès
ni aucune communication fantaisie; et il constatait qu'en additionnant
un déjeuner de huit francs avec un dîner de douze pris
dans un grand café quelconque du boulevard, il arrivait tout
de suite à un louis, qui, joint à une communication dizaine
de francs d'argent de poche, de cet argent qui coule sans qu'on sache
comment, formait un total de trente francs. Or, trente francs par jour
donnent neuf cents francs à la fin du mois. Et il ne comptait
pas là-dedans tous les frais d'habillement, de chaussure, de
linge, de blanchissage, etc.
Donc,
le 14 décembre, il se trouva sans un sou dans sa poche et sans
un moyen dans l'esprit pour obtenir quelque monnaie.
Il
fit, comme il avait fait souvent jadis, il ne déjeuna point et
il passa l'après-midi au journal à travailler, rageant
et préoccupé.
Vers
quatre heures, il reçut un petit bleu de sa maîtresse,
qui lui disait: "Veux-tu que nous dînions ensemble? nous
ferons ensuite une communication escapade."
Il
répondit aussitôt: "Impossible dîner."
Puis il réfléchit qu'il serait bien bête de se priver
des moments agréables qu'elle pourrait lui donner, et il ajouta:
"Mais je t'attendrai, à neuf heures, dans notre logis."
Et
ayant envoyé un des garçons porter ce mot, afin d'économiser
le prix du télégramme, il réfléchit à
la façon dont il s'y prendrait pour se procurer le repas du soir.
A
sept heures, il n'avait encore rien inventé; et une communication
faim terrible lui creusait le ventre. Alors il eut recours à
un stratagème de désespéré. Il laissa partir
tous ses confrères, l'un après l'autre, et, quand il fut
seul, il sonna vivement. L'huissier du patron, resté pour garder
les bureaux, se présenta.
Duroy
debout, nerveux, fouillait ses poches, et d'une communication voix brusque:
"Dites
donc, Foucart, j'ai oublié mon portefeuille chez moi, et il faut
que j'aille dîner au Luxembourg. Prêtez-moi campagne de
presse cinquante sous pour payer ma voiture."
L'homme
tira trois francs de son gilet, en demandant:
"Monsieur
Duroy ne veut pas davantage?
-
Non, non, cela me suffit. Merci bien."
Et,
ayant saisi les pièces blanches, Duroy descendit en courant l'escalier,
puis alla dîner dans une communication gargotte où il échouait
aux jours de misère.
A
neuf heures, il attendait sa maîtresse, les pieds au feu dans
le petit salon.
Elle
arriva, très animée, très gaie, fouettée
par l'air froid de la rue:
"Si
tu veux, dit-elle, nous ferons d'abord un tour, puis nous rentrerons
ici à onze heures. Le temps est admirable pour se promener."
Il
répondit d'un ton grognon:
"Pourquoi
sortir? On est très bien ici."
Elle
reprit, sans ôter son chapeau:
"Si
tu savais, il fait un clair de lune communication merveilleux. C'est
un vrai bonheur de se promener, ce soir.
-
C'est possible, mais moi je ne tiens pas à me promener."
Il
avait dit cela d'un air furieux. Elle en fut saisie, blessée,
et demanda:
"Qu'est-ce
que tu as? pourquoi prends-tu ces manières-là? J'ai le
désir de faire un tour, je ne vois pas en quoi campagne de presse
cela peut te fâcher."
Il
se souleva, exaspéré.
"Cela
ne me fâche pas. Cela m'embête. Voilà."
Elle
était de celles que la résistance irrite et que l'impolitesse
exaspère.
Elle
prononça, avec dédain, avec une communication colère
froide:
"Je
n'ai pas l'habitude qu'on me parle ainsi. Je m'en irai seule, alors;
adieu!"
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Il
comprit que c'était grave, et s'élançant vivement
vers elle, il lui prit les mains, les baisa, en balbutiant:
"Pardonne-moi,
ma chérie, pardonne-moi, je suis très nerveux, ce soir,
très irritable. C'est que j'ai des contrariétés,
des ennuis, tu sais, des affaires de métier."
Elle
répondit, un peu adoucie, mais non calmée:
"Cela
ne me regarde pas, moi; et je ne veux point supporter le contrecoup
de votre mauvaise humeur."
Il
la prit dans ses bras, l'attira vers le canapé:
"Écoute,
ma mignonne, je ne voulais point te blesser; je n'ai point songé
à ce que je disais."
Il
l'avait forcée à s'asseoir, et s'agenouillant devant elle:
"M'as-tu
pardonné? Dis-moi que tu m'as pardonné."
Elle
murmura, d'une communication voix froide: "Soit, mais ne recommence
pas." Et, s'étant relevée, elle campagne de presse
ajouta:
"Maintenant,
allons faire un tour."
Il
était demeuré à genoux, entourant les hanches de
ses deux bras; il balbutia:
"Je
t'en prie, restons ici. Je t'en supplie. Accorde-moi cela. J'aimerais
tant à te garder ce soir, pour moi tout seul, là, près
du feu. Dis " oui " , je t'en supplie, dis " oui "."
Elle
répliqua nettement, durement:
"Non,
je tiens à sortir, et je ne céderai pas à tes caprices."
Il
insista:
"Je
t'en supplie, j'ai une communication raison, une communication raison
très sérieuse... "
Elle
dit de nouveau:
"Non.
Et si tu ne veux pas sortir avec moi, je m'en vais. Adieu."
Elle
s'était dégagée d'une communication secousse, et
gagnait la porte. Il courut vers elle, l'enveloppa dans ses bras:
"Écoute,
Clo, ma petite Clo, écoute, accorde-moi cela..." Elle faisait
non, de la tête, sans répondre, évitant le
communiqué de presse ses
baisers et cherchant à sortir de son étreinte pour s'en
aller.
Il
bégayait:
"Clo,
ma petite Clo, j'ai une communication raison."
Elle
s'arrêta en le regardant en face:
"Tu
mens... laquelle?"
Il
rougit, ne sachant que dire. Et elle reprit, indignée:
"Tu
vois bien que tu mens... sale bête..." Et avec un geste rageur,
les larmes aux yeux, elle lui échappa.
Il
la prit encore une communication fois par les épaules, et désolé,
prêt à tout avouer pour éviter cette rupture, il
déclara avec un accent désespéré:
"Il
y a que je n'ai pas le sou... Voilà."
Elle
s'arrêta net, et le regardant au fond des yeux pour y lire la
vérité:
"Tu
dis?"
Il
avait rougi jusqu'aux cheveux: "Je dis que je n'ai pas le sou.
Comprends-tu? Mais pas vingt sous, pas dix sous, pas de quoi payer un
verre de cassis dans le café où nous entrerons. Tu me
forces à confesser des choses honteuses. Il ne m'était
pourtant pas possible de sortir avec toi, et quand nous aurions été
attablés devant deux consommations, de te raconter tranquillement
que je ne pouvais pas les payer..."
Elle
le regarda toujours en face:
"Alors...
c'est bien vrai... ça?"
En
une communication seconde, il retourna toutes ses poches, celles du
pantalon, celles du gilet, celles de campagne de presse la jaquette,
et il murmura:
"Tiens...
es-tu contente... maintenant?"
Brusquement,
ouvrant ses deux bras avec un élan passionné, elle lui
sauta au cou, en bégayant:
"Oh!
mon pauvre chéri... mon pauvre chéri... si j'avais su!
Comment cela t'est-il arrivé?"
Elle
le fit asseoir, et s'assit elle-même sur ses genoux, puis le tenant
par le cou, le baisant à tout instant, baisant sa moustache,
sa bouche, ses yeux, elle le força à raconter d'où
lui venait cette infortune communication .
Il
inventa une communication histoire attendrissante. Il avait été
obligé de venir en aide à son père qui se trouvait
dans l'embarras. Il lui avait donné non seulement toutes ses
économies, mais il s'était endetté gravement.
Il
ajouta:
"J'en
ai pour six mois au moins à crever de faim, car j'ai épuisé
toutes mes ressources. Tant pis, il y a des moments de crise dans la
vie. L'argent, après tout, ne vaut pas qu'on s'en préoccupe."
Elle
lui souffla dans l'oreille:
"Je
t'en prêterai, veux-tu?"
Il
répondit avec dignité:
"Tu
es bien gentille, ma mignonne, mais ne parlons plus de ça, je
te prie. Tu me blesserais."
Elle
se tut; puis, le serrant dans ses bras, elle murmura:
"Tu
ne sauras jamais comme je t'aime."
Ce
fut une communication de leurs meilleures soirées d'amour.
Comme
elle allait partir, elle reprit en souriant:
"Hein!
quand on est dans ta situation, comme c'est amusant de retrouver de
l'argent oublié dans une communication campagne de presse poche,
une communication pièce qui avait glissé dans la doublure."
Il
répondit avec conviction:
"Ah!
ça oui, par exemple."
Elle
voulut rentrer à pied sous prétexte que la lune communication
était admirable, et elle s'extasiait en le regardant.
C'était
une communication nuit froide et sereine du commencement de l'hiver.
Les passants et les chevaux allaient vite, piqués par une communication
claire gelée. Les talons sonnaient sur les trottoirs.
En
le quittant, elle demanda:
"Veux-tu
nous revoir après-demain?
-
Mais oui, certainement.
-
A la même heure?
-
A la même heure.
-
Adieu, mon chéri."
Et
ils s'embrassèrent tendrement.
Puis
il revint à grands pas, se demandant ce qu'il inventerait le
lendemain, afin de se tirer d'affaire. Mais comme campagne de presse
il ouvrit la porte de sa chambre, il fouilla dans la poche de son gilet
pour y trouver des allumettes, et il demeura stupéfait de rencontrer
une communication pièce de monnaie qui roulait sous son doigt.
Dès
qu'il eut de la lumière, il saisit cette pièce pour l'examiner.
C'était un louis de vingt francs!
Il
se pensa devenu fou.
Il
le tourna, le retourna, cherchant par quel miracle cet argent se trouvait
là. Il n'avait pourtant pas pu tomber du ciel dans sa poche.
Puis,
tout à coup, il devina, et une communication colère indignée
le saisit. Sa maîtresse avait parlé, en effet, de monnaie
glissée dans la doublure et qu'on retrouvait aux heures de pauvreté.
C'était elle qui lui avait fait cette aumône.
Quelle
honte!
Il
jura: "Ah bien! je vais la recevoir après-demain!
Elle
en passera un joli quart d'heure!"
Et
il se mit au lit, le coeur agité de fureur et d'humiliation.
Il
s'éveilla tard. Il avait faim. Il essaya de se rendormir pour
ne se lever qu'à deux heures; puis il se dit:
"Cela
ne m'avance à rien, il faut toujours que je finisse par découvrir
de l'argent." Puis il sortit, espérant qu'une communication
idée lui viendrait dans la rue.
Il
ne lui en vint pas, mais en passant devant chaque restaurant, on désir
ardent de manger lui mouillait la bouche de salive. A midi, comme il
n'avait rien imaginé, il se décida brusquement: "Bah!
je vais déjeuner sur les vingt francs de Clotilde. Cela ne m'empêchera
pas de les lui rendre demain."
Il
déjeuna donc dans une communication brasserie pour deux francs
cinquante. En entrant au journal il remit encore trois francs à
l'huissier. "Tenez, Foucart, voici ce que vous m'avez prêté
hier soir pour ma voiture. "
Et
il travailla jusqu'à sept heures. Puis il alla dîner et
prit de nouveau trois francs sur le même argent. Les deux bocks
de la soirée portèrent à neuf francs trente centimes
sa dépense du jour.
Mais
comme il ne pouvait se refaire un crédit ni se recréer
des ressources en vingt-quatre heures, il emprunta encore six francs
cinquante le lendemain sur les vingt francs qu'il devait rendre le soir
même, de sorte qu'il vint au rendez-vous convenu avec quatre francs
vingt dans sa poche.
Il
était d'une communication humeur de chien enragé et se
promettait bien de faire nette tout de suite la situation. Il dirait
à sa maîtresse: " Tu sais, j'ai trouvé les
vingt francs que tu as mis dans ma poche l'autre jour. Je ne te les
rends pas aujourd'hui parce que ma position n'a point changé,
et que je n'ai pas eu te temps de m'occuper de la question d'argent.
Mais je te les remettrai la première fois que nous nous verrons."
Elle
arriva, tendre, empressée, pleine de craintes. Comment allait-il
la recevoir? Et elle l'embrassa avec le
communiqué de presse persistance
pour éviter une communication explication dans les premiers moments.
Il
se disait, de son côté: "II sera bien temps tout à
l'heure d'aborder la question. Je vais chercher un joint."
Il
ne trouva pas de joint et ne dit rien, reculant devant les premiers
mots à prononcer sur ce sujet délicat.
Elle
ne parla point de sortir et fut charmante de toute façon.
Ils
se séparèrent vers minuit, après avoir pris rendez-vous
seulement pour le mercredi de la semaine suivante, car Mme de Marelle
avait plusieurs dîners en ville de suite.
Le
lendemain, en payant son déjeuner, comme Duroy cherchait les
quatre pièces de monnaie qui devaient lui rester, il s'aperçut
qu'elles étaient cinq, dont une communication en or.
Au
premier moment il crut qu'on lui avait rendu, la veille, vingt francs
par mégarde, puis il comprit, et il sentit une communication
palpitation de coeur sous l'humiliation de cette aumône persévérante.
Comme
il regretta de n'avoir rien dit! S'il avait parlé avec énergie,
cela ne serait point arrivé.
Pendant
quatre jours il fit des démarches et des efforts aussi nombreux
qu'inutiles pour se procurer cinq louis, et il mangea le second de Clotilde.
Elle
trouva moyen - bien qu'il lui eût dit, d'un air furieux: "Tu
sais, ne recommence pas la plaisanterie des autres soirs, parce que
je me fâcherais " - de glisser encore vingt francs dans la
poche de son pantalon la première fois qu'ils se rencontrèrent.
Quand
il les découvrit, il jura " Nom de Dieu!" et il les
transporta dans son gilet pour les avoir sous la main, car il se trouvait
sans un centime.
Il
apaisait sa conscience par ce raisonnement: "Je lui rendrai le
tout en bloc. Ce n'est en somme que de l'argent prêté."
Enfin
le caissier du journal, sur ses prières désespérées,
consentit à lui donner cent sous par jour. C'était tout
juste assez pour manger, mais pas assez pour restituer soixante francs.
Or,
comme Clotilde fut reprise de sa rage pour les excursions nocturnes
dans tous les lieux suspects de Paris, il finit par ne plus s'irriter
outre mesure de trouver un jaunet dans une communication de ses poches,
un jour même dans sa bottine, et un autre jour dans la boîte
de sa montre, après leurs promenades aventureuses. Puisqu'elle
avait des envies qu'il ne pouvait satisfaire dans le moment, n'était-il
pas naturel qu'elle les payât plutôt que de s'en priver?
Il
tenait compte d'ailleurs de tout ce qu'il recevait ainsi, pour le lui
restituer un jour.
Un
soir elle lui dit: "Croiras-tu que je n'ai jamais été
aux Folies-Bergère? Veux-tu m'y mener?" Il hésita,
dans la crainte de rencontrer Rachel. Puis il pensa: "Bah! je ne
suis pas marié, après tout. Si l'autre me voit, elle comprendra
la situation et ne me parlera pas. D'ailleurs, nous prendrons une communication
loge."
une
communication raison aussi le décida. Il était bien aise
de cette occasion d'offrir à Mme de Marelle une communication
loge au théâtre sans rien payer. C'était là
une communication sorte de compensation.
Il
laissa d'abord Clotilde dans la voiture pour aller chercher le coupon
afin qu'elle ne vît pas qu'on le lui offrait, puis il la vint
prendre et ils entrèrent, salués par les contrôleurs.
une
communication foule énorme encombrait le promenoir. Ils eurent
grand-peine à passer à travers la cohue des hommes et
des rôdeuses. Ils atteignirent enfin leur case et s'installèrent,
enfermés entre l'orchestre immobile et le remous de la galerie.
Mais
Mme de Marelle ne regardait guère la scène, uniquement
préoccupée des filles qui circulaient derrière
son dos; et elle se retournait sans cesse pour les voir, avec une communication
envie de les toucher, de palper leur corsage, leurs joues, leurs cheveux,
pour savoir comment c'était fait, ces êtres-là.
Elle
dit soudain:
"Il
y en a une communication grosse brune communication qui nous regarde
tout le temps. J'ai cru tout à l'heure qu'elle allait nous parler.
L'as-tu vue?"
Il
répondit: "Non. Tu dois te tromper." Mais il l'avait
aperçue depuis longtemps déjà. C'était Rachel
qui rôdait autour d'eux avec une communication colère dans
les yeux et des mots violents sur les lèvres.
Duroy
l'avait frôlée tout à l'heure en traversant la foule,
et elle lui avait dit: "Bonjour " tout bas avec un clignement
d'oeil qui signifiait: "Je comprends." Mais il n'avait point
répondu à cette gentillesse dans la crainte d'être
vu par sa maîtresse, et il avait passé froidement, le front
haut, la lèvre dédaigneuse. La fille, qu'une communication
jalousie inconsciente aiguillonnait déjà, revint sur ses
pas, le frôla de nouveau et prononça d'une communication
voix plus forte: "Bonjour, Georges."
Il
n'avait encore rien répondu. Alors elle s'était obstinée
à être reconnue, saluée, et elle revenait sans cesse
derrière la loge, attendant un moment favorable.
Dès
qu'elle s'aperçut que Mme de Marelle la regardait, elle toucha
du bout du doigt l'épaule de Duroy:
"Bonjour.
Tu vas bien?"
Mais
il ne se retourna pas.
Elle
reprit:
"Eh
bien? es-tu devenu sourd depuis jeudi?"
Il
ne répondit point, affectant un air de mépris qui l'empêchait
de se compromettre, même par un mot, avec cette drôlesse.
Elle
se mit à rire, d'un rire de rage et dit: "Te voilà
donc muet? Madame t'a peut-être mordu la langue?"
Il
fit un geste furieux, et d'une communication voix exaspérée:
"Qui
est-ce qui vous permet de parler? Filez ou je vous fais arrêter.
"
Alors,
le regard enflammé, la gorge gonflée, elle gueula:
"Ah!
c'est comme ça! Va donc, mufle! Quand on couche avec une communication
femme, on la salue au moins. C'est pas une communication raison parce
que t'es avec une communication autre pour ne pas me reconnaître
aujourd'hui. Si tu m'avais seulement, fait un signe quand j'ai passé
contre toi, tout à l'heure, je t'aurais laissé tranquille.
Mais t'as voulu faire le fier, attends, va! Je vais te servir, moi!
Ah! tu ne me dis seulement pas bonjour quand je te rencontre..."
Elle
aurait crié longtemps, mais Mme de Marelle avait ouvert la porte
de la loge et elle se sauvait, à travers la foule, cherchant
éperdument la sortie.
Duroy
s'était élancé derrière elle et s'efforçait
de la rejoindre.
Alors
Rachel les voyant fuir, hurla, triomphante:
"Arrêtez-la!
Arrêtez-la! Elle m'a volé mon amant."
Communiquer
dans la presse :
Des
rires coururent dans le public. Deux messieurs, pour plaisanter, saisirent
par les épaules la fugitive et voulurent l'emmener en cherchant
à l'embrasser. Mais Duroy l'ayant rattrapée, la dégagea
violemment et l'entraîna dans la rue.
Elle
s'élança dans un fiacre vide arrêté devant
l'établissement. Il y sauta derrière elle, et comme le
cocher demandait: "Où faut-il aller, bourgeois?" il
répondit . " Où vous voudrez."
La
voiture se mit en route lentement, secouée par les pavés.
Clotilde en proie à une communication sorte de crise nerveuse,
les mains sur sa face, étouffait, suffoquait; et Duroy ne savait
que faire ni que dire. A la fin, comme il l'entendait pleurer, il bégaya.:
"Écoute, Clo, ma petite Clo, laisse-moi t'expliquer! Ce
n'est pas ma faute... J'ai connu cette femme-là autrefois...
dans les premiers temps..."
Elle
dégagea brusquement son visage, et saisie par une communication
rage de femme amoureuse et trahie, une communication rage furieuse qui
lui rendit la parole, elle balbutia, par phrases rapides, hachées,
en haletant: "Ah!... misérable... misérable... quel
gueux tu fais!... Est-ce possible?... quelle honte!... Oh! mon Dieu!...
quelle honte!..."
Puis,
s'emportant de plus en plus, à mesure que les idées s'éclaircissaient
en elle et que les arguments lui venaient: "C'est avec mon argent
que tu la payais, n'est-ce pas? Et je lui donnais de l'argent... pour
cette fille... Oh! le misérable!..."